
Il va être temps de
rejoindre la ligne de départ...
L'approche
Samedi 3 décembre, la grande épopée
débute ! La SaintéLyon, n'est pas longue qu'en
distance, elle est aussi longue à approcher... Pour
Benoît et moi, ça commence donc ce samedi vers
16h, en voiture, direction Lyon. Nous arrivons au Palais des Sports
un peu plus d'une heure plus tard, sous la pluie. Le temps de
trouver une place, de récupérer nos affaires, et hop, nous voilà
dans l'enceinte magique où nous sommes censés arriver dans quelques
heures. Petit coup de flip en ne voyant pas nos noms sur la liste
des inscrits... Ah ! Ok, il s'agit de la liste des inscrits à la
SaintExpress. Le ticket pour la navette est à récupérer à
l'extérieur. Avant de rejoindre le bus, Benoit nous fait un second
petit coup de flip : il ne retrouve pas sa frontale ! Oups !
Heureusement, ce n'est qu'une fausse alerte, sa frontale est bien
là, cachée au fond de son sac. Ouf ! 3 minutes plus tard, nous
prenons place dans la navette qui va nous mener à
Saint-Etienne.
Le trajet sera plus long que
prévu... La faute à un chauffeur de bus qui ne connait pas le
chemin pour rejoindre le Parc des Expos ! Si ! Si ! Véridique ! Il
a fallut que nous le guidions ! Incroyable ! Bref, au bout d'1h30,
nous débarquons enfin à Saint Etienne. Il était temps, j'ai bien
cru que j'allais mourir de chaud ! Nous étions juste sous la sortie
du chauffage. Terrible ! Ici, il pleut encore. Heureusement, il ne
fait pas trop froid. La récupération du dossard se déroule sans
soucis et très rapidement (apparemment, l'organisation a mis le
paquet pour que ça se passe mieux). Nous traversons le hall d'expo
assez rapidement, je passe juste récupérer mon livre Courir
ou Mourir au stand Endurance Magazine puis nous retrouvons
Gilles.

L'attente
Je suis bien content de retrouver
Gilles avec qui j'ai travaillé de longues années à Paris avant de
le retrouver l'année dernière à l'occasion du Trail de
l'Ardéchois. Il doit être environ 20h lorsque nous nous
retrouvons tous les 3 attablés à la pasta party. Benoît et moi
avons amené notre gamelle, nous profitons juste de la table avec
Gilles qui, lui, avait réservé son repas. L'instant est bien
agréable ! L'ambiance est à la fête (ne vous fiez pas à la
photo...
). A 21h,
la longue attente commence. Nous nous trouvons un petit coin où
nous poser et en avant... Plus que 3h à attendre. Dur ! Dur ! Mais
la SaintéLyon, c'est aussi ça ! J'avais bien l'intention de dormir,
mais non, ça n'a pas été possible. Trop de bruits, trop
d'excitation... Je ne sais pas. En tous cas, ça n'a pas fait.

23h. L'excitation monte. Nous ne
pouvons plus tenir ! Le hall est déjà à moitié vide. Ok, le départ
n'est que dans 1h mais peu importe. L'appel est trop fort. Allez,
c'est décidé, on y va. Nous rejoignons la longue procession qui,
cette année, ce dirige vers le "Chaudron", le
stade Geoffroy Guichard. C'est à quelques
minutes de marche mais, de mon point de vue, ces quelques minutes
valent bien un départ devant ce mythe du football. Il pleut
toujours, mais la température est assez clémente. Gilles nous parle
du contraste qu'il ressent vis à vis du même départ l'année
dernière alors qu'il faisait -8°c et qu'il y avait 40cm de neige...
Certes, il pleut légèrement, mais nous avons tout de même de bonnes
conditions cette année. L'ambiance est bonne sur la ligne. La
tension monte un petit peu mais pas tant. Nous essayons de ne pas
trop penser à tous les kilomètres qui nous attendent.
Personnellement, je me mets en mode "pas à pas" avec l'objectif
numéro 1 : rejoindre Saint Christo, premier
ravito. Benoît commence une petite intox "bon, comme dans 500m je
ne vous vois plus, je vous souhaite une bonne course, ne m'attendez
pas...". Gilles, lui, semble déjà concentré. Mais voilà
déjà que la musique du départ retenti...
Le grand départ
Allez ! Cette fois c'est la bonne.
Le peloton s'étire. La SaintéLyon 2011 commence
pour de bon. Toutes frontales éclairées, nous passons sous l'arche
de départ, sous l'oeil bienveillant du stade mythique des Verts.
Direction Lyon ! Il ne faudra qu'1 ou 2 minutes pour que je bascule
dans la course... Fini la rêverie, Benoît est parti sur un rythme
de folie ! J'essaye de le raisonner un peu mais rien n'y fait.
Gilles ne tarde pas à lâcher et à prendre son rythme. Moi je me dis
qu'après tout, si je veux faire un bon temps, autant tenir ce
rythme ici, tant que s'est roulant. Le rythme plus cool s'imposera
de lui même dès que la masse des coureurs passera sur les premiers
chemins. Mais quand même ! Après 2 ou 3 kilomètres, il me semble
que Benoît accelère encore ! Oula ! Il est fou !
Il faut savoir que Benoît est un
spécialiste du non entrainement. Attention, n'essayez jamais de
faire comme lui ! Il a commencé par des semis, ça s'est bien
passé : record 1h39'. Ensuite il est passé au marathon, il en
a fait 4 je crois, record : moins de 4h (je ne sais plus le
temps exact). Cette année, il a fait la 6000D... Toujours sans
soucis. Il termine en 9h20', en milieu de peloton ! Difficile de
connaitre son entrainement exact mais, comme il dit, il court quand
il y pense (moins d'une fois par semaine je crois bien). Bref,
Benoît est un phénomène (très rare je pense). En tout cas, il
laisse rêveur les "laborieux" comme moi qui doivent enchainer
séances après séances, avec assiduité et régularité, pour arriver,
difficilement, à faire un tout petit peu mieux...
Tout ça pour dire que je préfère ne
pas continuer à le suivre sur ce coup là. Quelques minutes après,
je ne le vois déjà plus. Nous sommes toujours sur les 7 kilomètres
de bitume. Je me concentre sur mon rythme et je profite de
l'instant. Il y a vraiment beaucoup de monde. Il me tarde de
rejoindre les premiers chemins même si je le redoute un peu, j'ai
peur du bouchon. Mais alors que la route s'élève doucement et que
le peloton ralentit, voilà que je reviens sur Benoît ! La pente lui
a fait baisser son rythme. Je suis bien content de le revoir.
Peut-être que finalement, nous allons faire un bout de chemin un
peu plus long ensemble. Mais non, en quelques minutes, je comprends
que ça ne sera pas le cas. Après l'avoir entendu 3 ou 4 fois me
dire "bon ben cette fois, je ne vais pas te suivre, bonne course
!", je le distance effectivement. La pente ! La pente ne lui permet
pas de me suivre. C'est bien dommage. Mais c'est vrai que je me
sens bien dans les côtes. Vive les entrainements en montagne ! Je
suis finalement un peu déçu qu'on ne puisse pas courir plus
longtemps ensemble mais je suis venu pour améliorer mon temps alors
je reviens vite à ma course alors que voilà déjà le fameux premier
chemin...
La grimpette
Alors que la pente s'accentue, je
suis heureux de constater que la grosse affluence de coureurs
permet tout de même des dépassements continue. Par contre, c'est
gras, voir très gras ! Il me semble que c'était moins gras en 2008.
Les appuis sont parfois très fuyants.
J'étais bien confiant pour les
parties montantes avant le départ et je profite de ces premiers
kilomètres de grimpette pour tester ma forme... C'est pas mal ! Je
dépasse allègrement sur un bon petit rythme régulier sur lequel je
ne puise pas trop (il me semble). Je m'oblige à marcher lorsque ça
devient trop pentu mais, sur la longueur, rares sont les passages
ou je ne me sens pas de courir. Tout se passe bien. Je suis
vraiment dans la course. Arrivé sur les hauteurs, je m'accorde 10
secondes pour m'écarter du flux de coureurs, me retourner et
profiter de cette vision unique de la mythique guirlande de
frontales scintillantes avec en fond les lumières de Saint Etienne.
C'est toujours aussi magique ! Sauf que là, ce sera 10 secondes et
pas plus ! Faut pas mollir ! Je reviendrais une autre fois pour
mieux en profiter... 
Saint Christo km16 1h38'
Wouw ! Je suis bien content de voir
enfin apparaitre le premier ravito. Il arrive au bon moment car que
je commençais à avoir besoin d'une pause. La grimpette est déjà
bien rude pour venir jusque là (même si la route est encore
longue...) et les cuisses commencent à tirer. En tout cas, je jette
un oeil à la montre pour la première fois et je suis bien content.
Je suis parti sur de bonnes bases, presque 15' de mieux qu'en 2008.
J'espère que je n'ai pas trop donner pour gagner ces quelques
minutes, je me sens déjà bien entamé. En tout cas, je profite du
ravito pour marcher un peu mais pas question de s'attarder.
J'attrape un morceaux de banane et un bout de chocolat. Je déguste
l'ensemble en continuant à avancer vers la suite tout en me vidant
la tête de toute pensée négative. Pour l'instant tout va bien, je
me remets à trottiner.
Moreaux km21 2h36'
6 kilomètres dans ma bulle. Peu de
souvenirs. Très concentré, toujours sur la dynamique positive que
je me suis imposé en quittant Saint-Christo. Je me fais surprendre
par ce ravito que je n'ai pas du tout anticipé. Tant pis, je ne
m'arrête pas et je m'offre un ravito perso en compensation. Un
petit peu plus loin, nous passons le point culminant du parcours.
Ouf ! Le plus dur est fait (ah bon ?). C'est ce qu'il faut se dire
en tout cas. Le plat, là haut, a du mal à passer. Décidémment, je
suis plus à l'aise dans les pentes.
Alors que j'entame la descente vers
le point névralgique de la course, le ravito de Sainte-Catherine,
je prépare ce que je veux y faire. Une vraie pause cette fois :
remettre la talonnette qui se barre dans ma chaussure gauche,
changer les piles de ma lampe qui commence à faiblir, remplir ma
poche à eau et, surtout, m'étirer. C'est à ce moment que je reçois
un SMS. Je termine la descente avant de le lire. C'est
Clo ! Elle a du se lever pour les petits et
m'envoi ses encouragements. Wouach ! Mon Amour pense à moi ! Même
si ça met une petite claque de les savoir si loin et d'être là, au
milieu de nulle part, en pleine nuit à courir dans la boue, ça fait
quand même chaud au coeur !!! Et ça ne pouvait pas mieux tomber car
dès l'instant ou je mets à marcher pour entrer sous la tente, je
mesure à quel point j'ai déjà bien donné et comme j'ai mal aux
jambes (bien trop déjà). D'ailleurs, la checklist des choses à
faire vole en éclat, remplacé par une priorité absolue : me poser
sur un banc et souffler !!!

La suite au prochain épisode !...